Jeudi 5 avril 2007

Tempête médiatique autour du « Bocal de Chinon », quelques précisions …

L’HISTOIRE D’UN BOCAL  

1867  Sylvain Noblet, étudiant en pharmacie récupère le bocal qui provient d’un droguier abandonné dans le grenier d’une pharmacie de la rue du Temple à Paris et l’offre à un de ses amis féru d’histoire Ernest-Henry Tourlet. Le couvercle de ce bocal  conserve l’inscription : « Restes trouvés / sous le bûcher de / Jeanne d’arc / pucelle d’Orléans » en cursive du XVIIè ou XVIIIè siècle.

1891  Alors que le bocal n’a jamais été ouvert, Tourlet qui réside à Chinon le confie à une commission composée « d’hommes d’une compétence et d’une impartialité indiscutable » chargée d’étudier la cause de Jeanne d’Arc. Pendant le transfert le bocal se fracture  ce qui permet de retirer le contenu sans toucher au parchemin du couvercle.

1893  Le chanoine Desnoyers, directeur du Musée Historique de l’Orléanais identifie des fragments d’os dont « une côte humaine calcinée au feu et recouverte d’une épaisse couche noirâtre de baume dans lequel domine la poix ou un de ses dérivés », une enveloppe de toile grossière de chanvre pur du XVè siècle et deux morceaux de chêne.

1938  La veuve Tourlet confie ces restes à l’abbé Gentet, vicaire de Saint-Maurice de Chinon

1956  Les restes sont exposés  à Rouen puis Paris lors d’une exposition Jeanne d’Arc et son temps organisée par Régine Pernoud

1963 André Boucher, président des Amis du Vieux Chinon, réceptionne les restes qui intègrent le Musée.

1979  Datation d’un fragment de bois par dendochronogie à 1700-1800 av.J-C.

Après avoir été exposés dans divers lieux, les restes somnolent dans les réserves du Musée.

DES RECHERCHES POINTUES 

En février 2006, ils sont confiés aux fins d’analyses, au Docteur Charlier qui vient de s’illustrer par ses recherches sur la Dame de Beauté, Agnès Sorel.

Le Docteur Charlier s’engage à rendre compte aux Amis du Vieux Chinon de l’avancée de ses recherches à mi parcours.  Ce sera l’objet de la conférence du 16 décembre 2006 que nous avons évoquée dans ces colonnes.  Cet exposé très précis et documenté a permis de découvrir les techniques complexes mises en œuvre par près de 20 chercheurs pour déterminer les caractéristiques précises des « reliques ». Mais le doute subsistait… jusqu’à cette annonce du 4 avril qui les identifie comme les restes d’une momie égyptienne.

                       Le Docteur Philippe Charlier      CP : http://www.cudl-lille.fr

DECEPTION ?

Cette péripétie illustre la fabrication de fausses reliques qui fut une industrie prospère au Moyen-Âge.  A ce titre, ces restes constituent un témoignage et d’intéressantes pièces de collection.  Ils n’ont d’ailleurs jamais fait l’objet d’une quelconque vénération.

Quant aux études entreprises par le Docteur Charlier et ses collègues elles ont permis, comme il le souligne dans un article publié dans notre bulletin 2007, la mise au point d’une méthodologie applicable aussi bien lors d’une expertise paléopathologique que médico-légale de fragments osseux d’aspect brûlé. 

Par les Amis du Vieux Chinon - Publié dans : Actualités
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